Bref historique de l’association

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 BRÈVE HISTOIRE DU CENTRE D’ANIMATION « LA PRAIRIE »

 

la prairie en 1940
La Prairie en 1940
2011_Photo Prairie
La Prairie en 2014

1940 : Les mouvements de jeunesse se mettent à la disposition des réfugiés. Après avoir apporté les premiers secours, ils souhaitent poursuivre leur action vers les jeunes caennais.

Simultanément, tous les mouvements et associations sont dissous par l’occupant. C’est par le biais d’une institution municipale qu’un foyer de jeunes trouve son existence légale. Le 28 novembre 1940 est créé l’Office Municipal de la Jeunesse, il lancera ses premières activités au patronage de la rue des Cordes.

En novembre 1941, l’O.M.J. s’installe à « l’Alhambra », rue St Jean. Il y restera jusqu’en Juin 1944. Bien que n’intervenant pas directement, l’occupant exerce une surveillance constante. Un membre de la milice est présent dans la maison et le gouvernement de Vichy souhaiterait que l’Alhambra prenne le nom de « Maison des Jeunes ».

Sous tutelle de la Direction Départementale de la Jeunesse et des Sports, l’O.M.J. sauvegarde son indépendance en se réfugiant dans le giron de la municipalité.

En 1941, Edouard COLIN est détaché de son poste d’instituteur pour prendre la direction. Il oriente l’O.M.J. vers un service social et culturel destiné aux jeunes qui, sous l’occupation, n’avaient plus de références. Afin d’éviter toute orientation politique, l’O.M.J. décide de créer des activités de plein-air, ainsi qu’un groupe d’études sur la Normandie. Son action débouchera sur la publication d’un livre « Etudes Normandes ». D’autres activités prennent naissance : théâtre, groupe folklorique, bibliothèque, cours d’orthographe et… un restaurant. L’animation et la coordination sont assurées par un « Comité Directeur de Jeunes », prédécesseur du futur Conseil de Maison.

En 1944 Edouard COLIN et les responsables de l’O.M.J. s’occupent de la distribution de vivres et de vêtements aux réfugiés dans le secteur sud du Calvados. Ils rentrent à Caen le 15 Août de la même année. De nouveau, ils doivent chercher un local. Ils trouvent un bureau, rue Pasteur, où s’était installée la mairie provisoire dans le lycée de jeunes filles. Grâce à l’aide de Léonard GILLE, président du Comité de Libération, Edouard COLIN trouve l’immeuble de l’avenue Albert Sorel, au mois d’Août 1944. Dans cet immeuble se trouvait, avant la guerre, une salle de restaurant et des cuisines qui avaient été épargnées par les flammes. IL s’agit de la  «  Maison des Etudiants »inaugurée en 1928.

Elle avait servi de poste de commandement à l’aviation allemande pendant l’occupation. Avant de quitter les lieux en Aout 1944, les occupants on fait sauter l’aile perpendiculaire à la façade et parallèle à l’actuelle rue F.Scamaroni. Les activités reprennent dans un établissement réparé avec les moyens du bord.

Pendant 10 ans, l’O.M.J. est le pôle attractif de l’action culturelle de Caen, d’autant plus qu’en Janvier 1949, est inaugurée la Salle Municipale des Beaux Arts, c’est-à-dire le Théâtre Municipal avec des spectacles dramatiques et lyriques de qualité. Cette salle donne aux activités de l’O.M.J. une audience beaucoup plus importante qu’auparavant. C’est à  cette période qu’apparaissent : les conférences « Connaissance du Monde », Musique et Jeunesse, les spectacles folkloriques, le Phoci-Club… Toute la vie culturelle caennaise repart de cette seule salle de spectacle.

En 1946, l’Office Municipal de la Jeunesse s’affilie à la Fédération Française des M.J.C., par le biais du Comité Directeur des Jeunes, qui, constitué en association, deviendra  le Comité des Jeunes de la Ville de Caen, en 1950.

A partir de 1948, les activités vont croissantes pour atteindre des proportions importantes. quelques exemples :

  • 1000 adhérents au Ciné Club
  • 300 adhérents au ciné-jeunesse
  • 60 enfants au ciné-jeunesse

En 1954, 46 activités se réunissent dans l’établissement et regroupent 3.000 adhérents. Bon nombre de personnalités  caennaises ont participé à la vie de l’O.M.J. : Jean-Marie GIRAULT était membre du Comité des Jeunes, Jean MALRAYE, animateur de l’activité modèles réduits, Pierre LEBIGRE , animateur poterie, Jo TREHARD, animateur théâtre, etc.…

L’O.M.J. restera jusqu’en 1960, le sigle de rassemblement des caennais soucieux de se cultiver et d’occuper des temps de loisirs où le contact humain reste l’idéal de la Maison.

Le bâtiment qui avait été reconstruit à partir de 1945 est agrandi en 1960. L’aile « San Francisco » doit son nom à un caennais, Mr.GASSION, qui, émigré aux Etats Unis, avait fait une collecte au profit de la Vile de Caen. La somme recueillie est consacrée à la construction de cette aile. Pour le remercier un sekoya est planté place de la Résistance avec ,à son pied ,une plaque remerciant le donateur.

Le Comité des Jeunes de la Ville de Caen prend toute sa dimension en 1959, date à laquelle se créent les deux premiers foyers de quartier : la Butte et la Guérinière. Edouard COLIN devient alors coordonateur pour le budget et les relations avec la mairie.

En 1961, l’O.M.J. assume deux fonctions : d’un côté, le Foyer O.M.J. de l’avenue Albert Sorel, de l’autre l’O.M.J. service social et municipal. Ce dernier service émigrera à la mairie en 1967 pour devenir le Service Municipal de la Jeunesse et des Sports.

En 1965, l’O.M.J. devient « Maison des Jeunes et de la Culture » et dépose ses statuts en préfecture. Elle sera dorénavant une association régie par la loi 1901. Elle reste cependant sous gestion municipale pour le budget.

La M.J.C. PRAIRIE prendra cette indépendance non sans quelques difficultés. Des comptes-rendus d’assemblée générale témoignent de discussions difficiles entre les adhérents, impatients de trouver leur autonomie, et les responsables municipaux soucieux de laisser l’association arriver à sa maturité progressivement. Joël VIGOT, directeur depuis 1962 quittera son poste en 1967 pour être remplacé par Jacques LEBOUTEILLER.

Après le départ de Jacques LEBOUTEILLER, Joëlle MALLET et Jean-François LECLERQ assureront l’intérim. La direction reprise par Jean-Paul DREAN sera ensuite assurée par Georges BERTIN, Jacques BENOIT, Michel DEBRANNE , Alain CROCHARD et Sophie CHERON depuis 2006.

Cette période de 1965 à 1981 a surtout été émaillée de difficultés tant au niveau national que régional. En 1969, la Fédération Française des M.J.C éclate. Un certain nombre de M.J.C. dénonce leur affiliation pour adhérer aux fédérations régionales.

En 1995, l’association prend statutairement le nom de « Centre d’Animation Prairie » pour bien spécifier qu’elle est ouverte à toutes les tranches d’âges de la population.

En 1998, elle prend son indépendance ce vis-à-vis de toute fédération de tutelle. Les vingt dernières années sont marquées par le développement du secteur socio-éducatif qui prend en charge les enfants et les adolescents en dehors des périodes scolaires.

3.300 adhérents de 3 à 90 ans fréquentent régulièrement le Centre d’Animation, les plus jeunes font partie de la cinquième génération de caennais. Ce constat apporte la preuve que la population est toujours en recherche de lien social et de culture.

Alain CROCHARD

 Ouvrage de référence : “Histoire de l’O.M.J “  Edouard COLIN 1983 “Une institution pour une époque“

Dernière modification : 29 février 2016